Premier diagnostic énergétique pour la Métropole de Lyon

Première en France à l'échelle d'un territoire, le diagnostic énergétique de la Métropole de Lyon va permettre une mise en place de mesures concrètes pour consommer mieux l'énergie.

Réalisé dans le cadre de son schéma directeur énergies lancé en 2015, la Métropole de Lyon a présenté jeudi 9 février son diagnostic énergétique. Ce travail, qui offre une vision précise de la production, de la distribution et de la consommation d’énergie à l’échelle du territoire, permet ainsi d’agir directement sur les leviers d’action les plus efficaces.

«Gérard Collomb, président de la Métropole, indique que ce diagnostic montre que la transition énergétique se joue largement au plan local. Notre collectivité est devenue l’autorité organisatrice de la distribution d’électricité et de gaz. Elle a aussi des outils pour agir sur l’urbanisme, l’habitat, le traitement des déchets et coopérer avec les acteurs économiques. Aujourd’hui, grâce à ce diagnostic, nous avons une meilleure connaissance des leviers d’action».

Le diagnostic énergétique de l Métropole de Lyon montre clairement que l’activité économique et le résidentiel brûlent, respectivement, près de la moitié (47%) et le tiers de toute l’énergie consommée dans l’agglomération, soit un total de 33 térawatts-heures, représentant 1,8% de la consommation nationale. Les transports, eux, absorbent 24% de l’énergie consommée, l’agriculture et l’éclairage, 1%.

Premier consommateur d’énergie, le secteur résidentiel est aussi est aussi celui pour lequel la collectivité a les moyens d’agir.

Avec 29% de la consommation d’énergie, le secteur résidentiel est très énergivore. Toutefois, avec près d’un tiers de ces consommations issues du parc ancien de logements construits entre 1949 et 1974, la collectivité possède là un levier d’action efficace dès lors qu’elle s’engage à soutenir les projets de rénovation performante de ce type de bâti, comme elle le fait avec le dispositif ECORENO’V lancé en 2015 avec 30 millions d’euros, et dont l’ALE en est la porte d’entrée.

Béatrice Vessillier, vice-Présidente en charge de la rénovation thermique des bâtiments, rappelle qu’en un an et demi, la plate-forme a distribué 1,7 million d’euros permettant la rénovation énergétique de 1 200 logements.

Les réseaux urbains de chaleur de de froid se développent

Alors que les modes dominants de chauffage restent le gaz et l’électricité (84%), le chauffage urbain (7%) se développe, en lien avec les projets urbanistiques.

Michel Le Faou, vice-président à l’Urbanisme l’Habitat, au Logement et à la Politique de la Ville, et président du CAUE, a rappelé que la question de l’énergie est inhérente aux projets et doit être en adéquation avec le développement des réseaux.

La Métropole de Lyon vient justement d’attribuer une délégation de service public à Dalkia pour faire évoluer son réseau de production de chaud-froid, avec un investissement de 285 M€ sur 25 ans, la création d’une nouvelle chaufferie au bois de 50 MW et le passage à 62% d’énergie renouvelable (100 000 tonnes de CO2 en moins).

Côté entreprises, si l’industrie représente 26% de l’énergie consommée dans l’agglomération (contre 20% en France), elle comporte aussi un potentiel énergétique avec la réutilisation de chaleur fatale.

Ce diagnostic est un point de départ qui va permettre à la Métropole de Lyon et à ses différents partenaires, d’élaborer d’ici janvier 2018, différents scénarios pour une mise en œuvre à partir de fin 2018, avec une vision précises des objectifs à horizon 2030.