Le premier document proposant l’idée d’un « plan climat pour le Grand Lyon » semble dater d’un courrier de Mme la Vice Présidente à l’écologie urbaine et à l’énergie, Mme Béatrice Vessiller, à M le Président du Grand Lyon en juillet 2004. L’apparition de préoccupations climatiques est cependant bien antérieure.
► La décennie 1990, première mention de l’effet de serre dans les deux chartes de l’écologie urbaine
La préoccupation de lutte contre l’effet de serre apparaît dès la charte de l’écologie urbaine du Grand Lyon de 1992. « Au delà des problèmes locaux, la pollution atmosphérique générée par une agglomération peut avoir des impacts à une autre échelle. Ainsi au niveau régional, certains produits provoquent des pluies acides, et au niveau mondial, la menace de l’effet de serre et la destruction de la couche d’ozone ne sont que le résultat de l’accumulation des pollutions locales. ». Or, bien que les incertitudes demeurent quant aux conséquences du réchauffement, « il vaut mieux prévenir que guérir ». Si la lutte contre l’effet de serre « passe d’abord par une prise de conscience locale », le positionnement de l’agglomération lyonnaise sur cette question dépasse l’action locale puisque il s’agit « de suivre de près et de participer activement aux décisions prises dans ce domaine aux niveaux national et international (Rio 1992), afin d’assurer la mise en place d’une politique efficace à tous les niveaux. ».
Source : Grand Lyon-Mission prospective et stratégie d’agglomération, Le Grand Lyon face aux enjeux écologiques « Aucune ville n’est une île ». Texte introductif de la « Charte de l’écologie urbaine » du Grand Lyon de 1992, p 33-34, cité par Laurence Rocher, Université de Tours, 2007.
La charte de 1997 se compose de 103 actions réparties en 10 thèmes. Le premier tome, de diagnostic, fixe dix domaines d’intervention, dont l’énergie (N°7). Il mentionne explicitement la lutte contre le changement climatique :
« Conduire une politique active sur l’utilisation des énergies est donc indispensable pour :
- Limiter localement les émissions,
- Limiter préférentiellement certaines émissions, notamment de CO2 responsable de l’effet de serre,
- Gérer durablement les ressources fossiles dont les stocks ne sont pas illimités. ».
Il fixe un objectif sur le développement des énergies renouvelables :
« À la demande de l’Europe, le Grand Lyon espère passer sa consommation d’énergie totale sous forme d’énergie renouvelable de 5,4% actuellement à 15 % à l’horizon 2010. »
Et se dote d’objectifs généraux :
« En jouant un large partenariat avec les acteurs de l’énergie : EDF-GDF, Rhônalpénergie, la région Rhône-Alpes, l’Europe et les promoteurs immobiliers, le Grand Lyon se fixe comme objectifs de :
- Favoriser une politique d’énergies renouvelables
- Poursuivre l’utilisation rationnelle des combustibles
- Faire un bilan régulier sur la consommation d’énergie de l’agglomération ».
Le second tome comporte six fiches dans son chapitre énergie, du N°69 à 74. Une dizaine d’autres fiches comportent également des enjeux pour le climat.
► Partenariats et programmes clés
Le Grand Lyon adhère à Rhônalpénergie dès 1978. En 1996, il co-élabore un programme européen, Restart sur l’efficacité énergétique des logements sociaux, qui sera retenu en 1997. Il siège à AMORCE et COPARLY dès 1995, à Rhônalpénergie Environnement en 1997 et en 1999, il valide la création de l’ALE de Lyon dont il prend la présidence à son démarrage en 2000.
► Les années 2000, développement durable et changement climatique
En septembre 2000, le Grand Lyon valide sa contribution financière à l’accueil à la Cité internationale de la conférence intermédiaire des nations Unies sur le changement climatique (SB13), qui prépare celle de La Haye (COP6). Des acteurs locaux, notamment associatifs, y participeront.
En décembre 2004, il signe la charte des villes durables d’Aalborg et s’engage dans la réalisation d’un agenda 21 local, qui est adopté le 17 mai 2005.
Dans son premier plan d’action 2005 -2007 - à télécharger ici -, le Grand Lyon a inscrit la lutte contre l’effet de serre comme l’une des cinq orientations stratégiques du Plan d’action de son Agenda 21.
Cet axe se décline en quatre volets, eux-mêmes déclinés en fiches actions (actions N°20 à 39) :
- favoriser une mobilité durable
- mieux maîtriser et consommer l’énergie
- fonder les choix d’aménagement sur la qualité environnementale
- approfondir les connaissances sur l’effet de serre à l’échelle de l’agglomération lyonnaise : élaborer un plan climat local (action 39)
La première définition du plan climat du grand Lyon en faisait donc l’une des fiches actions de l’Agenda 21, visant à mettre en cohérence et à rassembler les actions menées par ses services et ses partenaires sous l’angle de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et à les confronter aux objectifs de protection du climat.
Cette dernière fiche action prévoyait un travail en plusieurs étapes :
- Etat des lieux et mise en place d’outils de suivi,
- Création d’un livre blanc d’actions existantes et de pistes complémentaires,
- Mise en place de partenariats.
Ce premier plan d’actions a fait l’objet d’une évaluation en ligne sur le site du Grand Lyon -télécharger ce bilan 2005 - 2007
Selon le document « Carnet de route » du Grand Lyon, « l’orientation 2 affiche un objectif clair, lutter contre l’effet de serre ». 20 actions déclinent sa mise en ouvre notamment en termes de déplacements, d’aménagement urbain et d’urbanisme ainsi que de maitrise de la consommation d’énergie. Une seule action n’a pas pu être engagée. Elle concerne l’achat d’énergie verte. Elle n’est pas abandonnée mais repoussée à fin 2007. Par ailleurs, un plan Climat est en cours d’élaboration. »
► Depuis 2007 : le plan climat face au défi des 3x20%
La délibération de fin 2007 qui fixe au Grand Lyon les objectifs des 3x20% en 2020 et du facteur 4 en 2050 réinterroge l’approche telle que décrite dans le chapitre climat énergie de l’Agenda 21 2007 – 2009. Les actions décrites seront-elles suffisantes ? Comment faire participer au mieux tous les acteurs du territoire ?
Pour prendre en charge ce défi, le Grand Lyon a défini une démarche en 3 temps :
- Un diagnostic consolidé, publié en 2010 ;
- Des scénarios de prospective à 2020, en cours de synthèse début 2011 ;
- Et une étape de planification et de plans d’action, en construction en 2011.






