■ La pompe à chaleur (PAC), définitions...

Une pompe à chaleur (PAC) est un système
thermodynamique qui puise des calories à l’intérieur
d’une enceinte fermée
pour créer du froid et
libère cette chaleur
via un échangeur. Une PAC puise
des calories dans
une source de chaleur externe (l’air, l’eau ou le
sol) pour la transmettre à
l’intérieur de l’habitation,
c’est le phénomène inverse
du réfrigérateur.
►La PAC n’est pas
considérée comme une énergie renouvelable car elle
nécessite une part non négligeable d’électricité pour
alimenter le compresseur qui la fait fonctionner.
On parle de géothermie «de surface» pour les
PAC qui captent l’énergie dans le sol (80 cm).
Il s’agit plutôt d’un abus de langage dans la
mesure où la vraie géothermie puise à plusieurs
centaines voir milliers de mètres l’énergie (à très
haute température) de la croûte terrestre (région
parisienne, Islande...). Cette forme de géothermie
est renouvelable car seule une faible consommation
d’électricité (5%) et nécessaire pour l’alimentation
des circulateurs.
► La PAC est un chauffage électrique efficace,
c’est-à-dire qu’il va consommer de 2 à 3,5 fois
moins d’électricité qu’un chauffage électrique classique.
Cependant, cette consommation d’électricité
reste importante et rappelons qu’en France 1 kWh
d’électricité consommé nécessite la production de
2,58 kWh d’énergie primaire (uranium, fi oul, gaz,
charbon).
►Le rendement d’une PAC est appelé Coefficient
de Performance (COP). Un COP de 3 indique
que pour chaque kWh électrique consommé
par le compresseur, le système fournit 3 kWh
de chaleur dans le bâtiment à chauffer. Le COP
détermine directement la quantité d’électricité
qui sera nécessaire pour chauffer un bâtiment
et donc le coût de fonctionnement du chauffage.
La consommation des appareils électriques
auxiliaires (circulateurs, résistances électriques
d‘appoint) est à ajouter à celle
du compresseur.
►On observe dans toutes
les installations de PAC un
décalage entre le COP théorique
ou instantané mesuré en laboratoire et annoncé par les
documentations techniques et le
COP réel moyen annuel, toujours inférieur, mesuré
après une période de fonctionnement sur site.
Par ailleurs, plus la différence de température
entre l’extérieur et l’intérieur est grande, plus le
COP diminue.
►La chaleur peut être transmise par plancher
chauffant, solution la plus intéressante, mais
aussi par radiateurs basses températures, ventiloconvecteurs
ou système centralisé d’air pulsé qui
est la solution la moins confortable.
Attention : un plancher chauffant où circule
directement le fluide frigorigène (gaz) n’est pas
adapté à une circulation d’eau de chauffage central
(chaudière fi oul, gaz, bois...). Un changement
de mode de chauffage est donc difficilement
envisageable.
■ Les différents types de PAC
• PAC sur terre à capteurs
horizontaux
Il ne s’agit pas de vraie géothermie car l’énergie n’est
pas captée à très grande profondeur dans les zones échauffées de la croûte terrestre.
La «géothermie de surface» capte l’énergie solaire
accumulée dans le premier mètre du sol.
Pour ces systèmes, un fluide (eau ou gaz) circule dans
un réseau de tuyaux enterré dans le terrain. La surface
de captage correspond à 1,5 ou 2 fois la surface
au sol à chauffer.
L’utilisation d’un plancher chauffant basse température
est primordiale. Sur radiateurs traditionnels, les
performances seront très limitées.
La faisabilité d’une PAC dépend fortement de la nature
géologique du sol. Plus il y a d’eau dans le sol,
meilleur est l’échange thermique donc il ne faut pas
goudronner.
Il est préférable d’utiliser la PAC dans des sols légers
et sablonneux humides plutôt que dans de l’argile
franche ou du calcaire qui sont plus isolants. Il est
possible de replanter par dessus les capteurs au sol,
de l’herbe, des plantes vivaces, des arbustes à système
racinaire superficiel mais pas d’arbre à racines
pivotantes et rondes.
La production d’Eau Chaude Sanitaire n’est pas forcément
assurée par la PAC. Vous pouvez cependant
installer un cumulus électrique ou un chauffe-eau
solaire à cet effet.
• PAC sur terre à capteurs
verticaux
Ce système peut être intéressant lorsqu’il n’est pas
possible d’utiliser le capteur horizontal (sol rocheux,
terrain trop petit, etc.).
Le forage coûte cher, de l’ordre de 100€ à 150€ par
mètre linéaire (Une installation moyenne comprend
en moyenne 2 forages de 80 mètres).
Cependant, les performances (COP) sont susceptibles
d’être plus intéressantes que les PAC sur terre à
capteurs horizontaux.
Pour le forage, la DRIRE et la DDASS doivent être
contactés et éventuellement la DIREN.
Une carte des zones favorables à l’installation de
pompes à chaleur géothermales verticales est consultable
au Bureau Régional Géographique Minier.
• PAC sur eau
La température d’une source est relativement constante
avec environ 7 à 8°C en hiver.
Une PAC sur eau de source est un système performant
et peu coûteux à l’usage.
De même une PAC fonctionnant sur le captage d’une
nappe phréatique est également performante. Mais
son intérêt est limité par le coût du forage. De plus
l’utilisation de la nappe phréatique est soumise à autorisation. L’eau d’une rivière ou d’un lac peut devenir très froide
en hiver ce qui limite parfois l’intérêt d’un captage
par PAC.
• PAC sur air (aérothermie, thermodynamique réversible)
Pour une PAC sur air, un compresseur récupère les
calories de l’air extérieur nécessaires au chauffage
de la maison.
Le chauffage est assuré soit par de l’air chaud pulsé
à travers un réseau de distribution aéraulique desservant
les différentes pièces du logement (pompe à
chaleur air/air), soit par le biais d’un circuit hydraulique
(par l’intermédiaire d’un échangeur sur le circuit
frigorifique) alimentant un plancher chauffant, des
radiateurs Basse Température ou des ventilo-convecteurs
(pompe à chaleur air/eau).
Les systèmes air/eau
associés à un plancher
chauffant offrent un
meilleur confort d’utilisation
que les systèmes
air/air.
La valeur du COP moyen
annuel d’une PAC air varie
en fonction du type de
système :
- pour des systèmes air/air, le COP est d’environ 2
- pour des systèmes air/eau, le COP peut atteindre 2.7
Un appoint électrique (convecteur, radiant...) peut être nécessaire par sécurité pour les jours de grand
froid et pour les maisons situées en altitude. C’est
pendant ces périodes que l’électricité est la plus
chère et la plus émettrices de CO2.
Le coût de fonctionnement d’une PAC air est de 3 à 5 € TTC/m² chauffé, en fonction du système choisi.
L’entretien est sommaire, limité au contrôle régulier
de la pression des circuits et à la vérification du bon
fonctionnement du compresseur. Il est important de
contrôler les filtres pour les systèmes air/air.
Il est cependant conseillé que cet entretien soit
effectué 1 fois par an au minimum (environ 100 €TTC/contrat).
Si la PAC à air compte un grand nombre de détracteurs
parmi les organismes de protection de l’environnement,
c’est que son bilan n’est pas formidable. Les
consommations d’électricité induites et les fluides
frigorigènes utilisés sont des aspects à bien prendre
en compte dans une démarche environnementale.
■ Recommandations
Exigez un comptage d’électricité dédié uniquement
au système ainsi qu’une garantie de consommation
maximale pour les premières années de fonctionnement.
- N’hésitez pas à visiter des maisons équipées avec
une PAC depuis plusieurs années et faites toujours
réaliser plusieurs devis.
- Obtenez un maximum de précisions sur le contrat
d’entretien et les garanties du matériel (documents
signés et entièrement étudiés).
- Ces systèmes ne sont pas 100 % écologiques car
ils consomment de l’électricité émettrice de CO2 (centrales
thermiques en hiver, fabrication du combustible
nucléaire…) et utilisent un fluide frigorigène (R 410 A
ou similaires), inoffensif pour la couche d’ozone mais
contient du fluor qui a un impact 1300 fois supérieur à celui du CO2 sur l’effet de serre.
- On considère que 3% des fluides du circuit s’échappent
chaque année dans l’atmosphère par micro fuites
(notamment PAC air). De plus ces appareils sont
très mal recyclés avec en moyenne 20% des fluides
perdus dans l’environnement.
- La législation par rapport aux fluides frigorigènes
peut être modifiée, mais n’est pas rétroactive.
- Veillez aussi à votre isolation qui reste prioritaire
sur le choix du mode de chauffage
■ Les coûts
Les devis n’indiquent que rarement le coût du
terrassement et de la remise en état du terrain pour
les PAC sur terre.
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Coût d’investissement
rapporté au m² pour une maison
de 150 m² hors émetteurs (plancher chauffant, radiateurs basse température) :
• PAC air/air = 60 à 75 € TTC / m², soit environ 10 000 €
• PAC air/eau = 80 à 110 € TTC / m², soit environ 15 000 €
• PAC eau/eau
à capteurs horizontaux = 90 à 120 € TTC / m², soit environ 15 000 €
(hors terrassement)
• PAC eau/eau
à capteurs verticaux = 120 à 150 € TTC / m², soit environ 21 000 € (hors forage)
- Le coût du forage pour des capteurs verticaux est
de 100 à 150 € du mètre linéaire soit 7000 € en
moyenne.
- Pour un COP réel de 3, le coût d’exploitation est
environ de 5 c€/kWh soit 750 €/an pour le poste de
chauffage d’une maison bien isolé chauffée à 19°C.
Le coût d’abonnement (EDF) reste cher du fait de la
puissance importante sollicitée au démarrage.
- La durée de vie d’un compresseur à pistons est de 8 à 10 ans, celle d’un compresseur à vis est de 20 à 25
ans, mais est plus coûteuse.
- Le compresseur a une durée de vie d’environ 10 à 15 ans et son coût de remplacement n’est pas
négligeable allant de 1 000 à 2000 €
- Une PAC bénéficie d’un crédit d’impôt de 50% à
partir d’un COP de 3 et sous certaines conditions
(demandez la fiche «crédit d’impôt» - cf ci-après)
.
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